Créer du lien
avec soi,
avec les autres,
avec l’espace autour de soi.
Démarche
Camille Havas est une artiste qui tisse arts visuels et arts vivants. Le chemin qui l’a menée à la pratique des arts est celui du cirque, marginal et indiscipliné. Née en France, mais originaire aussi de Hongrie, son histoire familiale marquée par la perte et la rupture lui donne l’élan de s’intéresser au sentiment de continuité et au lien, qu’il soit intime, social ou lien avec le vivant.
Comme acte de résistance au productivisme du monde matérialiste, elle privilégie les projets qui se déroulent sur un temps long – issus de procédés lents comme le développement argentique, la marche, la co-création ou le tissage de liens entre humains – ou qui s’apparentent à un temps lointain – procédés anciens ou faits-mains, à petite échelle, récits de souvenirs, pratique de folklore et de rituels rassembleurs. Par le livre d’artiste, la performance, le théâtre, la photographie, la vidéo, l’installation ou le cirque somatique, elle explore différentes manières d’être en lien et de revisiter sa propre réalité suite à la découverte de celle d’un autre.
Le fil rouge entre ses projets est l’envie de transmettre non pas les faits des expériences, mais de faire vivre une partie des sensations de l’expérience au public, une immersion dans une perspective du corps vécu. La subjectivité est mise au centre de l’expérience comme voie d’accès à l’universalité.
Son travail invite à reconsidérer notre rapport au vivant afin de retrouver la place qui est la nôtre : imbriquée dans un tissage pérenne dans toute la complexité du monde.
Biographie
Hongroise par son père, Camille Havas est née et a grandi en France. Elle étudie comme ingénieure mais explore différents moyens d’expression comme le cirque qu’elle pratique depuis ses 15 ans, et la photographie en se formant dans le cadre de classes de maître à l’école Nationale Supérieure d’Arles. Immigrée au Québec en 2014, Camille troque définitivement son statut d’ingénieure pour artiste pluridisciplinaire avec son premier projet Mon père ce Hongrois, un livre d’artiste sur son père, qu’elle illustre avec ses photographies. Entre 2014 et 2018, le livre d’artiste est son moyen d’expression principal, bien qu’elle le décline selon les occasions, sous forme de lectures-performances, performances de cirque ou bien exposition en arts visuels.
Dans sa recherche en cirque, elle développe une gestuelle de cirque somatique, un geste mu par les sensations intérieures, un geste qui reconnaît l’importance de l’environnement. Elle donne forme à cette recherche dans un projet vidéo soutenu par le Conseil des Arts du Canada en 2020 : Lignine.
Camille se penche sur la question de l’immigration, et du vivre ensemble. Entre 2021 et 2025, elle accompagne des projets en tant que photographe ou vidéaste, en priorisant les projets d’art communautaire auprès de publics à besoins particuliers comme les personnes aphasiques.
L’artiste s’exprime actuellement à travers le théâtre et le cirque avec le collectif Feuille déchirée qu’elle participe à fonder en 2018. En interrogeant leurs grand-mères, ou voisines âgées, le collectif nous invite à nous intéresser à la personne en face de nous. Leur premier spectacle “Avant que la dernière feuille ne tombe” est présenté à Montréal en 2023 dans plusieurs Maisons de la culture et en 2024 au Théâtre Aux Écuries. En 2024, après sa participation au groupe de travail sur le livre d’artiste mené par Emmanuelle Jacques, le collectif réalise le livre d’artistes “Le livre de nos grands-mères”, exposé dans la galerie Arprim avec d’autres travaux de Camille, en Janvier-Février 2026.
